Editorial

« Prévenir les risques psycho-sociaux liés au travail »

Les conséquences désastreuses de la crise sur le plan de l’emploi ont quelque peu éclipsé médiatiquement un enjeu malheureusement appelé à occasionner des perturbations croissantes sur la stabilité et le dynamisme de nos économies : les souffrances psychologiques éprouvées sur le lieu de travail, avec le cortège de risques individuels mais aussi collectifs qu’elles induisent.

Pourquoi souffre-t-on sur un lieu de travail ? La principale difficulté rencontrée par les psychologues du travail s’intéressant à la question tient au fait qu’elle ne peut recevoir de réponse mono causale. On souffre parce que la mutation des conditions et des finalités du travail dans une économie globalisée brouille le sens de l’investissement individuel, parce que l’impératif d’efficacité et de rapidité dépossède de la maîtrise du temps, parce que la transformation d’un environnement de travail brusque les habitudes. On souffre aussi parce que le quotidien professionnel cristallise et amplifie des souffrances intimes, nouées dans la sphère privée.

Si la majorité des actifs s’adaptent aux nouveaux paradigmes de la condition professionnelle, voire en tirent profit, d’autres, en raison de leur histoire personnelle, de leur trajectoire professionnelle, de la configuration spécifique de leur environnement de travail, en conçoivent un mal-être qui peut déboucher sur une véritable détresse morale et psychologique.

Le tribut est alors lourd à payer pour l’organisation qui n’a pas su prévenir ni apaiser ce type de situation. Car une souffrance qui s’installe est un révélateur significatif des difficultés de l’organisation à bâtir un système empathique. Nulle considération compassionnelle ici : il s’agit bien plutôt de se mettre en capacité de comprendre les leviers de motivation, d’investissement, de sens pour les salariés, et de les utiliser à bon escient.

Ce travail de compréhension se révèle d’autant plus pertinent et fiable qu’il n’est pas directement corrélé à l’émergence d’un contexte de souffrance. Non qu’il soit alors trop tard, mais comme en toutes choses, mieux vaut souvent prévenir que guérir. C’est dans cette optique que Solic a noué un partenariat avec la Faculté de Psychologie de l’Université de Liège dans l’identification des risques psycho-sociaux. Le questionnaire WOCCQ utilisé pour réaliser notre Sociostress a été élaboré et scientifiquement validé par les chercheurs de l'université de Liège

Nos partenaires de l’Université de Liège ont à cet égard témoigné d’une connaissance et d’une compréhension remarquables des enjeux de l’entreprise, ce qui a grandement facilité l’élaboration d’un outil exigeant mais pragmatique, en phase avec les réalités du monde du travail. Eux comme nous espérons ainsi pouvoir contribuer, à notre échelle, à la prévention des risques psycho-sociaux dans le monde du travail et à la réduction de souffrances trop souvent négligées, et évitables.

 

Nicolas Doucerain
Président

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